Revenir à la liste des articles
03 sept. 2018

Talks au féminin ou talks de femmes ou … ?

Edito proposé par Christine Delmar

Lorsque j’ai découvert le site lespeakers.com et son onglet « talks au féminin », je me suis réjouie de voir que les femmes y étaient mises en avant. Spécialiste de l’égalité hommes-femmes, je sais que les femmes ont été, par le passé, invisibles et inaudibles et que tous trouvaient cette situation « normale ». Jusqu’à très récemment, personne ne s’indignait de la tenue de conférences « men only » sur des sujets concernant autant les femmes que les hommes ni des conseils d’administration exclusivement masculins. La situation a, certes, évolué mais on est encore loin du compte. Deux exemples. Aujourd’hui encore, les statistiques montrent que parmi les experts interrogés dans les médias, ne figure qu’une femme pour 3 hommes. Par ailleurs, une amie publicitaire m’avouait que lorsqu’elle avait besoin d’une voix off pour apporter du crédit scientifique, elle choisissait, de façon automatique, une voix masculine. Les stéréotypes de genre ont la vie dure… malgré la présence actuelle des femmes dans tous les métiers et à tous les postes. Alors, j’ai vu les « talks au féminin » comme le moyen de répondre à l’argument fallacieux « on ne trouve pas de femmes compétentes » et de sortir les femmes de l’ombre.

Lorsqu’Eric Blot m’a sollicitée, j’ai proposé 4 sujets de conférence, sur la mixité et sur le bonheur, mes deux sujets de prédilection. Et là, je me suis interrogée : les propos que j’avance sont-ils ceux d’une femme, c’est-à-dire genrés ? Mes convictions sont-elles « au féminin » ? On pourrait facilement l’envisager au sujet de la mixité, mais j’ai rencontré des hommes bien plus féministes que beaucoup de femmes. En ce qui concerne le bonheur, ce que j’enseigne n’est pas la synthèse de ce que les grands sages ont dit ou écrit, mais le pur produit de mon expérience personnelle et de ma compréhension de la vie. Après avoir conçu ma méthode, j’ai été fière de constater que j’étais sur la même longueur d’ondes qu’un Mathieu Ricard ou un Thich Nhat Hanh. Le bonheur n’est donc pas une question de genre, mais une question d’humain.

Je suis une femme, mais je suis aussi blanche, cinquantenaire, mère, provençale, vivant au XXI° siècle, dans un pays riche, dans un milieu aisé,…, etc. Je pourrais énumérer mille autres caractéristiques qui ont également impactées qui je suis. Mais, qui je suis ne se limite pas à cela. Mon humanité -qui englobe tout et bien plus encore- est ma vraie nature et elle n’est pas différente de la vôtre.

En tant qu’humains, nous avons les mêmes désirs : nous voulons tous être heureux. Nous ne cessons de nous opposer alors que nous sommes comme les cellules d’un même corps : interdépendants et une partie du tout que forme l’humanité. La réalité est la non-séparation que j’ai d’abord expérimentée avec un swami indien avant que de la vivre avec ceux et celles qui se confient à moi dans leur quête du bonheur.

Alors, talk au féminin ??? Talk de femme ??? Simplement talk d’humain !!!