Conférencier

Publié 20/12/20

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Comment l’éthique peut-elle être la démarche capable d’embrasser la complexité des actions humaines et permettre des solutions les plus justes et les meilleurs possibles ? Si l’éthique appliquée permet de trouver des solutions à la crise, que peut-elle face à des individualités de plus en plus difficiles à saisir quant aux motifs de leurs actions sociétales ? Une organisation économique comme une entreprise peut-elle se concevoir comme un être vivant ? En d’autres termes, peut-on avoir une conception organique de l’entreprise et quelles en seraient les implications éthiques ? Posé comme principe, l’individu est un atome social. En tant que tel, il existe par lui-même en liaison avec les autres. Quant à l’entreprise, elle est évènement, agrégat, aventure collective ne sachant se développer qu’en s’appuyant sur ses collaborateurs. C’est donc à la définition du travail – ou plutôt sa redéfinition – que nous avons affaire aujourd’hui. L’étymologie du terme « travail » vient du latin trepalium qui désigne un instrument de torture, réservé aux esclaves. Au moyen-âge, c’est le terme latin labor qui sera privilégié et qui donnera plus tard en français moderne des mots comme labeur ou laborieux. En éloignant notre propos d’une pure conception du travail comme aliénant, il se doit de saisir le caractère à la fois vital et émancipatoire du travail. Jusqu’à présent et avant la crise du Covid-19, chacun s’était habitué bon gré mal gré au ronronnement libéral, à la croyance que le « système » était seul capable d’assurer les richesses d’un pays. Les choses changent et les vieilles habitudes devraient évoluées face aux nécessaires adaptations des enjeux mondiaux à venir. Mais, faudrait-il encore repenser le concept même de « chef » d’entreprise et son obsolescence quant à l’évolution de la société post Covid-19. Comment vont évoluées les entreprises de l’« Ancien monde » ? Vers quel « Nouveau monde » se dirige l’Humanité ? Sans doute un monde à la recherche de sa propre vérité mais dont la route sera pavée d’erreurs. Pourtant dans l’errance, le faux ébauche déjà la vérité. Ainsi, il semble trop tôt pour le savoir mais, il est certain que le monde dit d’avant, ne sera retrouvé, à jamais perdu. Cette crise sanitaire mondiale a été qualifiée de « guerre » et s’engage comme un véritable défi à repenser les modèles économiques et sociaux, voire politiques. Serait-ce dans le changement de paradigme économique qu’il sera possible de relever ce défi ? Ces changements seront d’autant plus nécessaires qu’inhérents aux capacités d’adaptation de chacun au monde post Covid-19. Une nouvelle « vision du monde », Weltanschauung, de nouveaux points de vues devront être portés à ce qui nous regarde en propre. Aussi, le « chef d’entreprise » devra dépasser une forme de cynisme ou même de désespoir pour mieux accompagner le changement. Actuellement l’incertitude qui touche de nombreux pays doit inciter à produire des scenarii et des stratégies étayées sur la théorie des probabilités. Pourrons-nous nous réinventer à la suite de l’ébranlement du Covid-19 ? Telle est notre visée principale. Réussirons-nous ? Quelles issues et quels biais ? Pourrons-nous à travers un renouvellement de l’éthique, à savoir l’éthique appliquée en entreprise permettre à chacun de s’approprier – ou de se réapproprier – ce qu’il y a de plus fondamental en l’homme, à savoir sa liberté de choix et donc son libre arbitre ? Depuis une décennie, le Canada a favorisé le questionnement philosophique et éthique dans les entreprises et les collectivités. La France demeure encore frileuse quant à faire appel à un éthicien pour résoudre des problématiques liées au travail mais le pari est possible. La crise du Covid-19 permettra sans doute de le faire dans les échéances à venir. Pourtant, il est urgent de s’atteler à ce que l’éthique fasse son entrée dans l’entreprise. Il est important que les décideurs suivent l’exemple nord-américain afin de permettre un vrai progrès sur le plan des « normes » et parfois des « dogmes » au sujet du monde économique. Suivre cet exemple, c’est permettre aux créateurs et novateurs d’accéder à d’autres modèles économiques et de structurer différemment l’organisation de l’entreprise. En bref, n’est-ce pas permettre à l’entreprise d’être active dans la recherche du bien-être des collaborateurs et de mieux comprendre les valeurs des usagers et des clients ? Après l’épidémie, le bien-être de chacun - corolaire de l’individu d’estime - pourrait être davantage pris en charge comme nécessité. Il faudra également adopter une véritable philosophie d’entreprise. Cet élan éthique devra concerner les grands groupes mais aussi les petites et moyennes entreprises éventuellement par le biais de clubs d’entreprises, de coopératives ou bien de formations adaptées. Désormais, les interrogations sont nombreuses relatives aux relations entretenues dans la sphère du travail. L’éthique viendrait ici, comme éclat, trouée, coupure nécessaire, respiration, ponctuation, souffle dans cette sphère d’affaires. Si auparavant, le travail permettait seulement la subsistance du travailleur, il faut noter une sensible évolution à l’après-guerre. L’activité de l’homo laborans devient activité sujette à la reconnaissance de la Nation. Il est remarquable, et non sans clichés, que la crise du Covid-19 a fait admettre auprès des responsables et acteurs l’importance de la productivité locale, des échanges locaux circulaires ainsi que de l’importance des associations. Il est fort à parier que dans les prochaines échéances tout un pan de nos productions les plus stratégiques devront être relocalisées pour des raisons de proximité de l’emploi, de protectorat et de sécurité. Pourquoi les entreprises françaises ont tant de difficultés à se transformer afin de prendre le chemin salutaire du développement durable ? Pourquoi les PME restent éloignées, faute de moyens, des démarches essentielles de l’éthique appliquée ?